Dis-moi quel casque d’équitation tu portes, je te dirais qui tu es

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CASQUE D’ÉQUITATION, ENTRE CONFORT ET ESTHÉTISME.

Il y a plus de vingt ans, les pads interchangeables et lavables à l’intérieur des casques d’équitation n’existaient pas. On se souvient tous – les plus de 26 ans – de nos années débutant où c’était le poney-club qui fournissait la bombe qui elle-même avait servie à toute une génération avant nous. Bonjour l’hygiène ! Et pourtant, on n’y prêtait pas plus attention que ça. Désormais, les centres équestres les plus fréquentés proposent des charlottes à glisser entre votre tête et le casque. Confort et esthétisme au rendez-vous… Jusqu’à l’achat de votre propre casque d’équitation.

L’individu cavalier

Quand le marketing est enfin entré dans l’ère de l’équitation moderne, le fabriquant de casques s’est dit « oh tiens, et si on faisait des casques différents ? ». Différents matériaux, différents modèles, différents poids, différents styles avec toujours le socle de la sécurité pour valeur commune. Le cavalier d’aujourd’hui ne veut pas ressembler aux autres, il veut ressembler à lui-même ou du moins à sa catégorie sociale cavalière. Nous n’allons pas parler classe ouvrière ou CSP+, mais pas loin.

L’entrée de gamme démarrant à 25,00€ chez l’enfant, 40,00€ chez l’adulte (vu chez Decathlon) pour dépasser les 1200,00€ chez les fabricants proposant notamment des casques d’équitation personnalisables, déjà ça fait le tri côté budget. Car dans la cour d’école comme dans la cour des écuries et dans les paddocks de concours, il n’y a finalement pas une grande différence : dis-moi quel casque tu portes, je te dirais qui tu es. Certains parents ont beau faire la grimace, certains sont prêts à dépenser un SMIC pour faire plaisir à leurs enfants. Le casque fait-il le cavalier ? Socialement oui, sportivement non.

Rappelons que tous les casques d’équitation sur le marché sont certifiés selon la norme européenne assurant la protection minimum nécessaire en cas de chute du cavalier. Les casques conformes actuellement en vente doivent porter au minimum la mention CE NF EN1384:2017. Mais quitte à se ramasser, autant le faire avec style (ou pas, chacun ses goûts vraiment). Donc peu importe la marque de casques que vous choisirez, votre tête sera protégée à condition de le porter.

Besoin d’appartenance et de reconnaissance

Les jeunes cavaliers sont influençables : le choix se portera plutôt sur le casque « must-have » du moment vu sur tel(le) cavalier ou cavalière (re)connu(e), qu’il/elle soit sportif de haut-niveau ou cavalière-Instagrameuse du dimanche au 50 000 abonnés. C’est l’achat de représentation, l’achat fan comme je l’appelle. Le besoin d’appartenance et de reconnaissance au sein de la caste équestre.

À l’âge adulte, les critères d’achat se portent – légèrement – moins sur l’esthétisme que sur le confort, la sécurité, la légèreté, la longévité*. La tête ne grandit plus, acheter un casque c’est investir sur le long terme en fonction de sa pratique, des risques de sa discipline, de la fréquence d’utilisation. L’achat est plus authentique et raisonnable car l’adulte, a priori, sait qui il est et quels sont ses besoins. S’il est satisfait, le cavalier adulte sera un client fidèle. A partir d’un certain âge : l’instinct de survie et le budget prévalent sur le style. Nous sommes sur un besoin de sécurité et, d’appartenance, un peu quand même.

* Il est recommandé de changer son casque tous les 5 ans.

On retrouve ce besoin d’appartenance à tous les âges finalement car tout individualiste qu’est le cavalier, il a malgré tout besoin d’être identifiable à travers un groupe d’individus. En plus d’un statut social, le casque peut représenter aussi la culture équestre du cavalier souvent dictée par la discipline pratiquée. Les fabricants de casques avec l’identité la plus forte et le réseau d’ambassadeurs de haut-niveau le plus pertinent vont accentuer l’univers culturel d’une discipline. A l’instar des selliers qui sont plus reconnus pour la randonnée que pour le concours de saut d’obstacles par exemple. Acheter un casque est une appropriation culturelle équestre pour indiquer son appartenance à la culture ciblée.

Le choix du casque n’est donc pas un choix anodin. A l’enfance, il est choisi par le parent et n’a pour fonction que la sécurité. A l’adolescence, il construit la personnalité, raconte – à tort ou à raison – l’environnement social familial du cavalier. A l’âge adulte, il détermine les valeurs du cavalier.

La personnalisation ou la revanche d’une blonde

Nombre de fabricants proposent désormais la personnalisation. Certains en font même un argument de vente majeur. Strass, velours, léopard, serpent, dorures, cuir, couleurs. Moins c’est sobre, plus le besoin d’être vu est important. Les filles et les femmes sont celles qui ont une plus forte tendance à la créativité et à l’originalité dans les modèles choisis. On peut autant y voir de la pouffiasserie qu’un bon gros fuck au besoin d’estime (des autres).

Le monde de l’équitation, malgré ses 80% de pratiquantes, reste un univers masculin qui a longtemps été dominé par les hommes et qui l’est toujours chez les professionnels de la filière équine. Rappelons que la monte en amazone a été largement pratiquée jusqu’au XXème siècle, autant dire hier : il était très mal vu pour une femme de monter à califourchon. Car cela était susceptible de dévoiler ses jambes ou de la déflorer (d’après la légende !). Pouvons-nous voir le rose et le strass – codes caricaturaux de la féminité – comme un moyen de rébellion et de création d’une nouvelle culture équestre ? Peut-être.

Et si c’était elles qui avaient raison après tout ? Dépenser notre argent (oui désolée, la revendication a moins de valeur quand c’est l’argent des autres) dans un produit qui nous plait et que l’on est fier de porter sans enfreindre la liberté d’autrui tout en jouissant de la nôtre, ça n’a pas de prix mais une grande valeur. Nous vivons à une époque où nous avons le choix et dans un territoire qui nous offre le pouvoir de l’exercer. Votre cheval ne jugera pas la couleur de votre casque, alors pourquoi devrions-nous nous en priver ?

Indépendance, liberté, égalité entre les hommes et les femmes… Le cheval plus que jamais acteur du monde d’aujourd’hui et de demain.


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1 Response
  • Pauline
    mars 15, 2020

    Uvex

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