“Pour vivre de mon sport, le commerce de chevaux est essentiel” Laetitia du Couëdic

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INTERVIEW : LAETITIA DU COUËDIC.

Laetitia du Couëdic a découvert la Normandie il y a quelques années, alors coachée par le cavalier français Kevin Staut. Conquise par la région, la jeune cavalière suisse aujourd’hui âgée de 23 ans a finalement décidé de s’y installer pour une durée indéterminée. Entre sport et premiers pas dans le commerce de chevaux, le planning de la nouvelle année s’annonce chargé.

Propos recueillis par Roxanne Legendre

Tu as récemment déménagé au Haras de la Chesnaie (14) en Normandie. Tu étais jusqu’alors aux Ecuries de la Renfile (écurie familiale) en Suisse. Pourquoi ce choix ?
J’ai pris la décision de déménager en Normandie à la fin du mois de septembre 2019. Cela faisait un moment déjà que l’idée de retourner en Normandie me trottait dans la tête. C’est une région que j’adore et après la vente de ma jument Venus du Touney et la blessure de Baobabb, un de mes chevaux de 8 ans, je trouvais le temps parfois un peu long à la maison. Je montais pas mal les chevaux de propriétaires, mais pas en concours, et je suis quelqu’un qui recherche toujours de nouveaux challenges. J’avais entendu parler de Grégoire Oberson et de sa structure. Je l’ai donc appelé. Nous nous sommes rencontrés et nous sommes mis d’accord sur un arrangement. Je me suis donc basée au Haras de la Chesnaye avec mes 2 chevaux et je monte aussi ses chevaux. J’ai fini ma saison en Normandie, en ayant participé à quelques concours avec certains de ses chevaux. Il faudra bien sûr que tout cela se mette en place. Duarte Romao montait déjà pour Grégoire quand je suis arrivée, c’est une chouette équipe !

Quels chevaux as-tu emmené ? Leur planning est-il différent en Normandie ?
J’ai emmené mon cheval de tête Arizona Star et Corradina, une super jument de 7 ans qui appartient à son éleveur Mr. Jean-Paul Coche. Leur programme n’a pas vraiment changé, les chevaux de Grégoire sont au même niveau que les miens (épreuves entre 1.30m et 1.50m).

Quelles différences observes-tu entre le fait d’exercer ton métier de cavalière professionnelle en France et en Suisse ?
J’aime énormément la Suisse et notamment notre structure à Genève. Néanmoins, la Suisse ne faisant pas partie de l’Europe tout est quand même un peu plus compliqué… Par exemple, tout bêtement, en général il faut importer les chevaux en Suisse, s’ils viennent de l’étranger, ce qui représente déjà des frais. Un autre exemple, dès que je participe à un CSI à l’étranger, je dois passer et déclarer mon passage à la douane. Il faut donc tous les papiers nécessaires pour ces formalités, et cela représente encore d’autres frais et une certaine connaissance (qu’on n’apprend pas à l’école bien sûr) sur la législation des transports, exportations et importations temporaires ou définitives des chevaux en Suisse etc…
Malgré le fait qu’il y ait pas mal de concours dans la région, Genève est assez loin de la Belgique, des Pays-Bas, du Nord de l’Allemagne, ou même de la Normandie d’ailleurs, qui sont des régions où le sport et le commerce sont très actifs. Moi qui souhaite vraiment vivre de ma passion, sans être une milliardaire à la base, je ne peux évidemment pas négliger ce coté de notre sport. À terme, je rêverais de rentrer en Suisse car j’aime ce pays et ma famille vit là-bas, mais je dois encore me construire, construire mon réseau etc. Je ne peux pas prétendre tout savoir ou tout connaître du haut de mes 23 ans, ayant une famille qui n’avait pas forcément de connaissances de ce milieu, malgré leur soutien incroyable.

Jean-Maurice Bonneau est ton coach. Comment se passe cette collaboration ? Comment s’organise-t-elle ?
J’ai commencé ma collaboration avec Jean-Maurice Bonneau en novembre 2016. Il vient 1 à 2 fois par mois dans nos écuries à Genève et reste 2 jours. Il entraîne aussi mon frère maintenant. Il vient ensuite sur certains concours, en général les plus importants. J’adore Jean-Maurice, nous sommes devenus très proches et même si depuis mon départ nous nous voyons un peu moins, nous restons quand même beaucoup en contact !

Quelle est LA phrase de Jean-Maurice Bonneau à retenir selon toi ?
Jean-Maurice a trop de phrases pour que je n’en cite qu’une. J’aime travailler avec Jean-Maurice car c’est toujours dans le sens du cheval. C’est un homme de cheval incroyable qui a une expérience extraordinaire. J’adore son état d’esprit et sa façon de voir les chevaux, comme il les fait évoluer tout en les respectant.

Quels sont tes projets pour 2020 ?
Pour 2020, je vais me concentrer sur l’évolution de mes deux chevaux. Arizona Star commence à être vraiment performant sur 1.45 et 1.50m et j’ai beaucoup d’espoir dans ce cheval. Je suis certaine qu’il va performer dans les Grand Prix 3* et 4*. Pour Corradina, je pense qu’elle commencera à sauter régulièrement les 140 et j’espère ses premières épreuves rankings FEI. Je vais aussi monter les chevaux de Grégoire, dans leurs catégories respectives. Cet épisode va m’apporter beaucoup d’expérience, j’ai hâte de voir ce qui nous attend cette année !


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